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Harcèlement a l’école…

Harcèlement a l’école

Alors, moi, je décide tranquillou d’aller sur facebook voir un peu ce qui se passe chez les uns et les autres. Vérifier les anniversaires (pas bien, j’ai honte, mais  comme  ça me sauve trop souvent… ) Et puis comme je  fais partie des  mille et un aimant des vendredis intellos, bah comme le nom l’indique c’est intello… Et oui, ça veut dire que ça écrit et ça  lit… Je tombe sur cet article en lien http://www.rue89.com/2012/12/26/harcelement-scolaire-ca-ma-detruit-petit-feu-238088 , le genre de choses qui en une minute vous replonge dans les pires moments du passé, et vous permet aussi du coup, d’admirer le chemin parcouru, le chemin qui a  effacé les angoisses du dimanche, y’en a d’autres qui ont connu? L’angoisse du dimanche, quel  cauchemar… Pourtant  tous ces souvenirs me rendent sacrément optimiste.

Je  reprend le même plan que l’article

  1.   Les  faits :

Le harcèlement a lieu au sein d’un triangle : la victime, le harceleur et les spectateurs, qui de par leur indifférence participent au harcèlement. Ces violences ont des conséquences graves, comme la perte de confiance en soi, le décrochage scolaire, la désocialisation, la dépression, pouvant aller jusqu’aux penchants suicidaires.

Tout comme lui, on se moquait de moi, mon  souci étant physique, l’inspiration était perpétuelle pour les enfants qui m’entouraient, j’étais une vraie muse! Mais étrangement  j’ai compris  assez petite,que les enfants étaient cruels, le choc pour moi,  fut de découvrir que les adultes l’étaient tout autant. J’ai donc eu le droit comme ce garçon aux fausses déclarations, aux blagues en groupe. Je n’ai par contre jamais été frappée, j’avais la chance d’avoir parfois pire que moi c’est-à-dire ceux qui cherchaient  à se défendre quand on se  moquait d’eux. Il n’y avait pas encore l’arme actuelle… Internet.

J’ai eu aussi droit aux fausses déclarations d’amour. Ainsi, en cinquième, une fille de ma classe me « harcelait », en me disant qu’elle m’aimait. Elle ne me plaisait pas mais je la croyais vraiment (j’ai toujours été très naïf) et quand je lui expliqué que ce n’était « pas possible » entre nous, elle a répondu :

« Non mais tu voyais pas qu’on se foutait un peu de ta gueule ? »

2.  Ses parents :

Contrairement à d’autres enfants qui restent silencieux, je racontais ce que je subissais à mes parents, mais en restant vague, du genre : « On m’a encore emmerdé aujourd’hui » – j’avais quand même honte de tout ça.

Cependant, ma mère est plusieurs fois allée chez le Conseiller principal d’éducation (CPE), et ça n’a servi à rien (j’avoue par ailleurs n’être venu qu’une fois chez lui, mais quel est l’intérêt de se plaindre tous les jours ?). Je reproche une chose à mes parents : de ne pas m’avoir pris au sérieux certaines fois :

« Alexandre, là t’es un peu parano, tu crois pas ? Ils peuvent faire ça pour s’amuser, c’est tout… »

Contrairement à d’autres enfants qui restent silencieux, je racontais ce que je subissais à mes parents, mais en restant vague, du genre : « On m’a encore emmerdé aujourd’hui » – j’avais quand même honte de tout ça.

Mes parents :

Tout comme lui, j’ai  tenté de parler, et j’avais honte… Mes parents m’expliquaient que c’était normal entre enfants, ou disaient encore « va te plaindre », ou bien le fameux et non moins merveilleux  « tu n’en rajouterais pas pour qu’on  s’intéresse  à toi? ».  En plus j’avais peur qu’ils en souffrent ou qu’ils aient honte de moi alors je me taisais et  tous les dimanches dès l’âge de sept ans, j’avais l’angoisse du dimanche après-midi, on ne faisait jamais rien le week-end, ma mère ne voulait faire que des siestes et regarder la télé et mon père travaillait, je  m’ennuyais et ensuite j’angoissais, l’appréhension du retour  à l’école le lundi.

3.    Les conséquences sur sa vie :

Le harcèlement détruit à petit feu : quand, chaque jour, à chaque heure et à chaque minute, on vous dit que vous êtes un moins que rien, vous finissez par le croire.

J’ai développé une phobie sociale à cette époque, qui m’a poursuivi, et aujourd’hui encore ces années m’obsèdent, les questions se bousculent dans mon esprit : pourquoi harceler quelqu’un gratuitement ? Mes bourreaux regrettent-ils leurs actes ?

Les conséquences sur ma vie:

Je crois que cela m’a  empêché de faire beaucoup de choses, car j’avais peur de tout et n’avais aucune confiance en moi, mais je voulais quand même réussir, être heureuse et j’étais  persuadée d’être une personne qui méritait quelqu’un d’extraordinaire dans sa vie. Et que ça me  tomberait dessus… Mais bon je doutais quand même, je préférais juste avoir mon monde imaginaire. Cela m’a permis tout  de même d’être une amie très dévouée, et d’avoir beaucoup de temps pour observer l’autre. J’étais  persuadée que la vie se passait comme les séries américaines un jour tout s’arrangeait et on pouvait même devenir populaire! Qu’un jour tout  irait mieux et qu’une fois adulte on prenait notre revanche en étant heureux!

4. Pourquoi témoigner

En premier lieu, je veux dénoncer l’indifférence des autorités scolaires. Les professeurs, les pions, le CPE, si prompts à punir pour un bavardage ou une mauvaise note, deviennent étonnamment aveugles ou laxistes lorsqu’il s’agit de violence, un problème objectivement plus grave que ceux énoncés précédemment.

D’autre part, je veux dire l’inexactitude du stéréotype du cancre harceleur et issu des quartiers défavorisés. C’est de cette manière que les médias dépeignent le caïd des cours de récréation. Or, il y a des souffre-douleurs et des bourreaux dans chaque établissement scolaire, qu’il soit huppé ou mal famé.

Pour ma part, les petites terreurs que j’ai côtoyées étaient toutes de bons élèves, et avaient d’ailleurs en horreur les « racailles ». Mes bourreaux assistaient aux messes occasionnelles avec gaité…

Parce que cela est sacrément banalisé, que c’est presque normal, qu’il faut qu’il y ait des   «   losers » pour que d’autres se sentent mieux et que, s’il n’y a pas de coups réguliers, c’est que ça va quand même… Que si l’ado n’a pas  tenté de mettre fin à ses jours c’est que finalement il gère et il est fort. Je me souviens qu’au collège,  un groupe de 6/7  garçons  faisaient régulièrement un cercle, mettaient un petit sixième au milieu et le frappait. Quand j’y repense, comment les surveillants et les profs ont pu laisser ça se  passer ? Je me souviens d’une prof qui nous disait   « M’enfin, ne vous approchez pas d’eux pendant la récré! » «   et un jour après une  discussion en classe sur le sujet elle s’est tournée vers un élève plutôt fort et lui a  demandé pourquoi il n’allait jamais prendre la défense du plus petit. Il lui a  répondu :« Vous préférez avoir un élève ou deux à l’infirmerie ? »

Avec le recul je me dis que non seulement ils avaient la flemme de surveiller la cour mais en plus, c’était a à nous de gérer le problème…

Je ne parle pas d’une école en grande difficulté. Je parle d’une école de la très proche banlieue est parisienne.

J’ai franchement beaucoup souffert, un bec de lièvre avec opération a à 13 ans, c’est sacrément lourd a à porter, surtout sans aucun soutien psychologique. Mais cela m’a  apporté aussi des choses, et j’avoue être si bien aujourd’hui que j’ai presque honte d’oser me plaindre …  C’est dur de se défaire des injustices que l’on vous a  présentées comme normales pendant des années.

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